16
juin-2015

 Elle s’appelle Rosalie et c’est une femme énergique avec un regard qui ne vous laisse pas indifférent. Tout le monde me parle de cette fameuse Rosalie au village, alors j’ai décidé de partir à sa rencontre.
C’est lundi, fin de journée, quelques clients viennent siroter sa boisson faite maison « Dolo » qui fait tant sa renommée. Nous nous asseyons sous un manguier dans la cour de son maquis, et tranquillement nous parlons de sa vie. Rosalie a 45 ans et est toute heureuse de savoir que nous avons le même âge. Au début, elle est fuyante dans ses réponses et petit à petit la connivence s’installe.

On l’a décrit comme une femme d’affaire aguérie et elle éclate de rire quand je lui demande si c’est vrai. « Je me débrouille bien » répond t’elle timidement. Pourtant, je regarde son maquis avec sa cour intérieure si propre et je sens qu’ici rien n’est laissé au hasard.

Rosalie a 7 enfants de 28 à 8 ans, 2 garçons et 5 filles. A part l’ainée qui est mariée, les autres sont tous aux études et à la charge des parents. Pendant que nous discutons, les enfants vont et viennent aux taches ménagères de la famille : on plume les poules pour le souper, on surveille les marmites, on part faire une course. Tout semble parfaitement synchronisé, le papa aux commandes.

Rosalie décide tout avec son mari, c’est lui le chef. Ils semblent former une belle équipe de travail car souvent elle répètera comment ils s’aident. Il est aussi agriculteur. En 1998, ils ont construit leur première maison, à l’entrée de la cour. Et de fil en aiguille, d’agrandissement en agrandissement c’est une forteresse que je découvre aujourd’hui.
Plusieurs maisons qui ont chacune leur vocation scindé par des murs.
Elle me fait me lever et m’amène au fond, tout au fond. J’y découvre les porcs, pleins de beaux porcs avec leurs petits dans des enclos tout propres. Les cochons sont propres et rosés, tout le contraire de ceux que je croise dans les villages. Elle en fait la reproduction, les fais grandir et quand ils sont adultes, elles les vendra au marché de Ouagadougou.
« Combien pour un porc ? » Elle m’expliquera que c’est au poids, 1 000 CFA le kilo (environ 2$) et qu’un cochon adulte peut peser environ 120 kilos. Rapide calcule 120 000 CFA (240$) pour un cochon, et je me met à compter les porcelets. « Rosalie combien de cochon as-tu ? » Et nous voilà à les compter un par un … 64 ! Un beau petit commerce !

Mais ce n’est pas tout, Rosalie engage les filles du villages pour coudre des sacs de coton qui seront revendus à la mine voisine. Des commandes à coup de 1000 sacs. « Rosalie, combien pour un sac ? » « 180 CFA » Elle m’avouera que c’est son activité la plus payante.

Et sa troisième activité c’est son fameux DOLO. Un alcool fait à base de millet, et qui prend 3 jours à faire. Un alcool si fort qu’il n’est pas rare de voir les gens tituber en sortant du maquis de Rosalie !

Aujourd’hui Rosalie a 2 employées et elle même  travaille tous les jours, mais je sens une femme fière et passionnée qui a su développer son projet en autonomie complète.

« Rosalie as-tu d’autres projets que tu aimerais faire » Elle m’avouera être incapable de penser à un autre projet, trop occupée avec ces activités.
Après avoir fini de siroter mon Fanta, je repars le coeur léger et plein d’espoir. Si Rosalie l’a fait, pleins de femmes peuvent réussir a developper leur commerce, même dans les villages les plus reculés.

    

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