21
juin-2015

IMG_4836J’ai rencontré Davou dans le petit village de Yona au Burkina, à quelques 400 kms de la capitale, plus précisément dans la coopérative de Karité du village de Yona où elle travaille.

J’y suis allée pour cinq semaines, y travailler avec ces femmes et les aider à valoriser leurs produits issus du Karité.

La première journée, treize femmes m’ont été présentées. Treize femmes qui opèrent quotidiennement la coopérative, et parmi elle Davou qui me détaillait de la tête au pied, de manière un peu hautaine. Parfois, dans son dialecte local elle montait le ton, et je ne savais guère ce qui se passait. Ses yeux brillaient et je devinais une joie de vivre et une femme vive d’esprit. Je ne me suis pas trompée.

Davou c’est le rayon de soleil de la coopérative. C’est celle qui fini ces phrases dans des grands éclats de rire, c’est celle qui a l’énergie pour rallier ses collègues, c’est elle qui participera activement aux ateliers et donnera son opinion sur tout, c’est elle qui chante tout le temps. Elle se débrouille plutôt bien en Français et restera naturellement près de moi pour m’expliquer les étapes de production. Elle deviendra mon alliée durant le mandat, et plus les journées passaient, plus j’apprenais à la découvrir. Et plus nous rions ensemble.

Chaque jour, elle avait avec elle son fils de 11 mois, bien souvent dans son dos. C’est son 6ième et dernier enfant. Dernier ? Oui elle s’est fait opérer lors de son dernier accouchement car elle trouve que c’est bien assez six enfants ! Deux garçons et quatre filles, dont quatre encore à la maison et à nourrir tous les jours.

Elle m’avouera que son budget quotidien pour nourrir ses quatre enfants est de 250CFA par jour (0,50$). Elle me montrera fièrement son cahier budget où je découvrirais qu’elle paie aussi la scolarité de ses enfants 1500CFA/an et par enfants pour ceux au primaire, et 3000CFA/an pour la plus grande au lycée. Un peu plus bas, je remarque une dépense de 50 000CFA/an : participation à la cotisation pour le bon fonctionnement de l’association musulmane Ansardine. Je trouve cela beaucoup, elle me dit que non et que c’est normal.

À la coopérative elle gagne 500 CFA par jour, 12500 CFA par mois et une possibilité de cumuler 40 journées à 1000 CFA pour les journées de production du Karité brut (de longues journées épuisantes).  Au total elle gagnera entre 150 000 et 190 000 CFA par an soit environ 300-380$. Je suis un peu abasourdie devant ces chiffres mais en même temps j’observe Davou et je ne la sens pas du tout malheureuse, au contraire, elle est plutôt riche Davou. Riche d’amour, de joie, de partage.

Je sais aussi qu’elle est un brin commerçante et parfois je la vois revenir de la ville voisine avec des nouveaux tissus qui seront rapidement achetés par les femmes du village. Son mari est agriculteur et amène aussi sa part à la maison, et j’ai découvert une belle famille unie.

Je vais me souvenir souvent de Davou et des journées magiques passées à Yona. Quand il fera plus triste dans ma vie,  je répèterais les phrase qu’elle m’a apprise :

« Elle Yélé mousso nana Yona, que Ka Yé Lé Lé ! »  Je suis une femme blanche de Yona, il faut sourire !

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